11 Juin 2026 | Actualités, Infos Fiscales
La date limite de déclaration et de paiement de la taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM) approche à grands pas. Les entreprises concernées doivent accomplir leurs formalités au plus tard le 15 juin 2026. À quelques jours de cette échéance, il peut être utile de vérifier si votre établissement est assujetti à cette taxe, comment son montant est calculé et quelles sont les démarches à effectuer.
TASCOM : quelques rappels utiles
La taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM) est un impôt local perçu au bénéfice des collectivités territoriales et des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) sur le territoire desquels est implanté l’établissement concerné.
Elle vise certains commerces exerçant une activité de vente au détail et repose principalement sur la surface de vente exploitée.
Un établissement est soumis à la TASCOM lorsqu’il réunit simultanément les conditions suivantes :
- son ouverture initiale est intervenue après le 1er janvier 1960
- il exerce une activité de vente au détail de biens, quelle que soit leur nature (alimentaire, habillement, automobile, etc.) ;
- les ventes sont réalisées auprès d’une clientèle de particuliers ;
- la surface de vente excède 400 m² ;
- le chiffre d’affaires annuel hors taxes réalisé au titre des ventes au détail atteint au moins 460 000 €.
Par ailleurs, le seuil de 400 m² n’est pas exigé lorsque l’établissement est exploité sous une enseigne appartenant à un réseau commercial dont la surface cumulée des points de vente dépasse 4 000 m².
La surface retenue correspond aux espaces clos et couverts affectés :
- à la circulation de la clientèle ;
- à la présentation des marchandises ;
- aux déplacements du personnel nécessaires à la vente.
En revanche, ne sont pas pris en compte :
- les réserves et les zones de stockage ;
- les locaux non accessibles au public ;
- les surfaces de vente situées en extérieur.
À titre d’exemple, un commerce disposant de 500 m² au total, dont 350 m² consacrés à la vente et 150 m² affectés au stockage, n’entre pas dans le champ de la TASCOM puisque seule la surface de vente est retenue. Le seuil de 400 m² n’est donc ici pas atteint.
Les établissements exerçant exclusivement une activité de commerce de gros ne sont pas concernés.
De même, les entreprises fournissant uniquement des prestations de services échappent à cette taxe.
Les établissements mixtes, combinant notamment vente en gros et vente au détail, peuvent toutefois être redevables de la TASCOM sur leur activité de détail dès lors que le chiffre d’affaires correspondant atteint au moins 460 000 € hors taxes.
TASCOM : combien ?
La taxe est déterminée à partir de la surface de vente existante :
- au 31 décembre de l’année précédant celle de l’imposition ;
- ou, en cas de cessation définitive d’activité, à la date de fermeture de l’établissement.
Son montant dépend de 3 critères :
- le chiffre d’affaires annuel rapporté au mètre carré ;
- la superficie de vente ;
- la nature de l’activité exercée.
Le chiffre d’affaires au mètre carré s’obtient en divisant le chiffre d’affaires annuel par la surface de vente de l’établissement.
Pour les établissements ne commercialisant pas de carburant :
|
Chiffre d’affaires HT par m²
|
Tarif applicable
|
|
Jusqu’à 2 999 €
|
5,74 € par m²
|
|
Entre 3 000 € et 12 000 €
|
[(CA/m² – 3 000) × 0,00315] + 5,74 €
|
|
Au-delà de 12 000 €
|
34,12 € par m²
|
Pour les établissements distribuant du carburant :
|
Chiffre d’affaires HT par m²
|
Tarif applicable
|
|
Jusqu’à 2 999 €
|
8,32 € par m²
|
|
Entre 3 000 € et 12 000 €
|
[(CA/m² – 3 000) × 0,00315] + 8,32 €
|
|
Au-delà de 12 000 €
|
35,70 € par m²
|
Le montant obtenu est augmenté :
Certains commerces bénéficient d’un abattement de 30 %, notamment lorsqu’ils exercent à titre principal une activité de vente :
-
de meubles ;
-
d’automobiles ;
-
de matériel agricole ;
-
de matériaux de construction ;
-
de végétaux, graines ou engrais ;
-
d’animaux de compagnie et des produits qui leur sont destinés.
Une réduction supplémentaire de 20 % est accordée aux établissements :
Lorsque les conditions sont réunies, ces deux réductions peuvent se cumuler.
À noter également que les collectivités territoriales peuvent moduler le montant de la taxe grâce à l’application d’un coefficient multiplicateur.
Déclaration et paiement : attention à l’échéance du 15 juin
Les établissements redevables doivent transmettre leur déclaration au service des impôts des entreprises (SIE) au plus tard le 15 juin 2026 au moyen du formulaire n° 3350-C-SD.
Le règlement de la taxe intervient simultanément au dépôt de la déclaration.
Lorsqu’un établissement cesse définitivement son activité, il doit déposer le formulaire n° 3350-SD.
Cette déclaration doit être adressée au service des impôts des entreprises compétent avant le 15e jour du 6e mois suivant la cessation d’activité.
TASCOM 2026 : dernière ligne droite pour déclarer et payer – © Copyright WebLex

11 Juin 2026 | Actualités, Infos Fiscales
Alors que certains professionnels des métiers de bouche s’inquiètent d’une hausse du coût lié aux emballages remis à leurs clients, un député s’interroge sur l’impact de cette mesure pour les boulangeries et les boucheries-charcuteries. Réponse du Gouvernement…
Emballages ménagers : une contribution qui existe depuis plus de 30 ans
Les entreprises qui mettent sur le marché des emballages destinés aux ménages sont tenues de participer au financement de la collecte et du traitement des déchets issus de ces emballages.
Cette obligation, qui découle du principe de responsabilité élargie du producteur (REP), existe depuis 1993 et concerne l’ensemble des emballages ménagers, y compris ceux utilisés quotidiennement par les commerces de bouche, comme les sachets à baguettes ou les poches à viennoiseries.
Pour satisfaire à cette obligation, les professionnels peuvent adhérer à des éco-organismes, tels que CITEO ou LEKO, qui mutualisent le financement du dispositif.
Toutefois, selon plusieurs organisations professionnelles, les nouvelles modalités de calcul de cette contribution pourraient représenter un coût supplémentaire important pour certaines boulangeries et boucheries-charcuteries. Un député s’est donc interrogé sur l’opportunité de supprimer ou d’alléger ce qu’il présente comme une nouvelle taxe sur les emballages.
Le Gouvernement rappelle cependant qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle imposition.
Il explique qu’en 2024, CITEO et plusieurs organisations professionnelles du secteur ont engagé des discussions afin de simplifier un mode de calcul jugé complexe, qui reposait jusqu’alors sur le nombre et le poids de chaque emballage distribué.
Ces travaux ont conduit à la mise en place, en 2025, d’un système forfaitaire facultatif pour les boulangeries, fixé à 0,0079 € par passage en caisse. Les professionnels qui le souhaitent peuvent néanmoins continuer à appliquer le système classique reposant sur une déclaration détaillée du nombre et du poids des emballages utilisés.
Enfin, le Gouvernement précise que ces évolutions résultent d’accords conclus entre les organisations professionnelles concernées et les éco-organismes agréés. La fixation des contributions relève ainsi de négociations tarifaires auxquelles l’État n’est pas partie.
Taxe sur les emballages : emballer, c’est payer ? – © Copyright WebLex

10 Juin 2026 | Actualités, Infos Fiscales
Afin de favoriser l’accès aux équipements destinés à compenser les situations de handicap visuel, la liste des matériels pouvant bénéficier du taux réduit de TVA de 5,5 % est complétée. Explications…
Taux réduit de TVA : élargissement de la liste d’équipements pour personnes handicapées éligibles
Le taux réduit de TVA de 5,5 % s’applique à certains appareillages, équipements et matériels spécialement conçus pour les personnes handicapées, afin de compenser des incapacités graves.
Pour bénéficier de ce taux réduit, les équipements concernés doivent figurer sur une liste limitative fixée par la loi. Cette liste recense notamment des matériels destinés aux personnes présentant un handicap moteur, auditif, visuel ou encore des troubles de la communication.
Cette liste vient d’être complétée pour y ajouter 2 nouvelles catégories d’équipements destinés aux personnes aveugles ou malvoyantes. Sont désormais expressément éligibles au taux réduit de TVA de 5,5 % :
- les cannes de couleur, dites « cannes blanches » ;
- les dispositifs d’assistance électronique ou optronique spécialement conçus pour être associés à ces cannes.
Ces dispositifs doivent avoir pour finalité de faciliter :
- la locomotion ;
- le repérage spatial ;
- la signalisation ;
- ou l’insertion dans l’environnement social des personnes déficientes visuelles.
Cette mesure est applicable depuis le 30 mai 2026. Les ventes de ces équipements réalisées à compter de cette date peuvent donc bénéficier du taux réduit de TVA de 5,5 %.
Cette mise à jour vise à tenir compte des évolutions technologiques des aides à la mobilité destinées aux personnes déficientes visuelles.
Au-delà de la traditionnelle canne blanche, de nombreux dispositifs électroniques ou optroniques permettent aujourd’hui d’améliorer la détection d’obstacles, l’orientation ou encore l’autonomie des utilisateurs.
Leur intégration dans la liste des équipements bénéficiant du taux réduit participe ainsi à une meilleure accessibilité de ces technologies.
TVA à 5,5 % : du nouveau pour les personnes aveugles et malvoyantes – © Copyright WebLex

8 Juin 2026 | Actualités, Infos Fiscales
Le placement d’alcools ou de tabacs sous un régime de suspension des accises permet de différer le paiement des droits correspondants. Lorsque l’entrepositaire agréé fait l’objet d’une liquidation judiciaire, la question de l’exigibilité et du recouvrement de ces droits se pose toutefois. Des précisions viennent d’être apportées à ce sujet…
Régime de suspension des accises sur les alcools et tabacs : modalités de recouvrement
Les opérateurs qui détiennent des alcools ou des tabacs sous un régime de suspension des accises doivent, en principe, disposer du statut d’entrepositaire agréé et, sauf exception, constituer une garantie financière destinée à couvrir les risques liés à cette détention.
Pour rappel, le régime de suspension des accises permet de produire, transformer, détenir ou circuler des alcools et des tabacs sans acquitter immédiatement les droits d’accise. Ceux-ci ne deviennent exigibles qu’à l’occasion de la mise à la consommation des produits ou de certains événements prévus par la réglementation.
Lorsque l’entrepositaire agréé est placé en liquidation judiciaire, une question se pose : que deviennent les produits toujours détenus sous le régime suspensif et à quel moment les droits d’accise deviennent-ils exigibles ?
Pour mémoire, le jugement ouvrant ou prononçant la liquidation judiciaire ne met pas fin, à lui seul, au régime de suspension des accises. De même, lorsque les produits sont couverts par une garantie financière, l’engagement du garant ne prend pas automatiquement fin du fait de la liquidation.
Les produits continuent donc à être détenus sous le régime suspensif jusqu’à la clôture de la liquidation judiciaire. À cette date, les droits d’accise deviennent exigibles sur le stock restant, sauf si le liquidateur judiciaire décide de faire détruire les produits invendus.
Une autre situation peut toutefois conduire à une exigibilité anticipée des droits : celle dans laquelle le garant résilie son engagement avant la clôture de la procédure. Dans ce cas, les accises deviennent exigibles dès la date de cette résiliation.
Désormais, il est expressément précisé que les comptables de la direction générale des douanes et droits indirects sont compétents pour recouvrer les accises exigibles sur les stocks détenus sous régime suspensif :
- soit à la date de clôture de la liquidation judiciaire, sauf destruction des produits invendus ;
- soit à la date de résiliation de la garantie lorsque cette résiliation intervient avant la clôture de la procédure.
L’objectif affiché est ici de sécuriser et de clarifier les règles de recouvrement applicables aux stocks d’alcools et de tabacs détenus sous suspension d’accise dans le cadre d’une liquidation judiciaire.
Accises sur les alcools et tabacs : précisions en cas de liquidation judiciaire – © Copyright WebLex

5 Juin 2026 | Actualités, Infos Fiscales
La taxe sur le transport aérien de passagers (TTAP) est due par les entreprises de transport aérien public pour chaque passager embarqué. Afin de préserver certaines liaisons aériennes essentielles à l’aménagement du territoire, un tarif réduit de solidarité a été instauré par la loi de finances pour 2025. Des précisions viennent d’être apportées concernant ses conditions d’application et sa date d’entrée en vigueur…
TTAP : le tarif réduit de solidarité entre en vigueur
La taxe sur le transport aérien de passagers (TTAP), qui a remplacé l’ancienne taxe de solidarité sur les billets d’avion, est due par les transporteurs aériens pour les embarquements de passagers réalisés au départ de la France.
Pour mémoire, le montant de la taxe est égal, pour chaque embarquement constitutif d’un fait générateur, à la somme des tarifs suivants :
- le tarif de l’aviation civile ;
- le tarif de solidarité ;
- le tarif de sûreté et de sécurité ;
- le tarif de péréquation aéroportuaire.
Afin de tenir compte des contraintes propres à certaines dessertes aériennes indispensables à la continuité territoriale, la loi de finances pour 2025 a prévu la mise en place d’un tarif réduit de solidarité applicable à certaines liaisons soumises à des obligations de service public.
Toutefois, l’entrée en vigueur de ce dispositif restait subordonnée à l’adoption d’un arrêté précisant sa date d’application, ainsi que son champ d’application exact, notamment au regard des règles européennes en matière de transport aérien et d’aides d’État.
C’est désormais chose faite : la date d’entrée en vigueur du tarif réduit de solidarité est fixée au 1er juin 2026.
Le bénéfice de ce tarif réduit est toutefois strictement encadré. Il ne concerne que les embarquements effectués dans le cadre de services aériens :
- soumis à une obligation de service public ;
- exploités dans le cadre d’une délégation de service public ;
- figurant sur la liste des liaisons disponible ici.
Cette limitation résulte notamment des échanges intervenus avec la Commission européenne, qui a confirmé la compatibilité du dispositif avec le droit de l’Union européenne sous ces conditions.
L’objectif poursuivi est de préserver l’équilibre économique de certaines lignes aériennes considérées comme essentielles à la desserte de territoires insuffisamment reliés par le marché, tout en limitant la charge fiscale supportée par les opérateurs concernés.
Transport aérien : le tarif réduit de solidarité prend son envol – © Copyright WebLex

5 Juin 2026 | Actualités, Infos Fiscales
Les entreprises implantées dans certaines communes de l’est de La Réunion vont bénéficier d’un avantage fiscal renforcé. Des précisions viennent d’être apportées concernant les critères permettant d’identifier les territoires concernés et d’établir la liste des communes éligibles. Faisons le point…
Un dispositif renforcé pour les territoires les plus fragiles
Le dispositif des zones franches d’activité nouvelle génération (ZFANG) permet déjà aux entreprises exerçant certaines activités en outre-mer de bénéficier d’abattements fiscaux portant notamment sur :
- l’impôt sur les bénéfices (impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés) ;
- la cotisation foncière des entreprises (CFE) ;
- la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB).
La loi de finances pour 2026 a renforcé ce mécanisme au profit des territoires réunionnais les plus en difficulté.
Il est ainsi prévu l’application d’un abattement majoré pour les entreprises éligibles implantées dans des communes appartenant à un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) présentant des difficultés particulières appréciées au regard de leur taux de pauvreté. Restait à définir ce qu’il faut entendre par « taux de pauvreté », ce qui est désormais chose faite : sont considérés comme particulièrement défavorisés les EPCI dont le taux de pauvreté est supérieur à 40 %.
Pour cette appréciation, le taux de pauvreté correspond à la part de la population dont le revenu disponible est inférieur à 60 % du revenu disponible médian.
Ce taux est déterminé par l’INSEE à partir des données disponibles pour l’année 2021. Dans ce cadre, la liste des communes de La Réunion ouvrant droit au régime renforcé est désormais fixée comme suit :
- Bras-Panon ;
- La Plaine-des-Palmistes ;
- Saint-André ;
- Saint-Benoît ;
- Sainte-Rose ;
- Salazie.
Ces communes appartiennent au territoire de la communauté intercommunale Réunion Est (CIREST), dont le taux de pauvreté dépasse le seuil fixé. Pour les entreprises remplissant les conditions d’éligibilité au dispositif ZFANG, les taux d’abattement sont significativement majorés. Ils sont portés à :
- 80 % pour l’impôt sur les bénéfices ;
- 100 % pour la CFE ;
- 80 % pour la TFPB.
À titre de comparaison, le régime de droit commun applicable aux autres zones éligibles prévoit des taux d’abattement de 50 % pour l’impôt sur les bénéfices et la TFPB, et de 80 % pour la CFE.
Cette évolution s’inscrit dans la volonté des pouvoirs publics de soutenir durablement l’activité économique des territoires les plus fragilisés de l’île.
Elle intervient dans un contexte marqué par les conséquences économiques du cyclone Garance et par un niveau de pauvreté particulièrement élevé dans l’Est réunionnais.
L’objectif affiché est de renforcer la compétitivité des entreprises locales, soutenir l’investissement et favoriser la création ou le maintien de l’emploi sur ces territoires.
Cette nouvelle mesure entre en vigueur à compter du 1er juin 2026.
ZFANG : un régime fiscal renforcé pour 6 communes de La Réunion – © Copyright WebLex

3 Juin 2026 | Actualités, Infos Fiscales
La loi de simplification de la vie économique modifie en profondeur le régime du rescrit valeur applicable aux petites entreprises. Désormais, pour certaines demandes, l’absence de réponse de l’administration fiscale dans le délai légal vaudra acceptation tacite de la valeur proposée. Une évolution qui marque un tournant dans la logique du rescrit fiscal et dans les relations entre l’administration et les entreprises…
Rescrit valeur : quelques rappels
Le rescrit valeur permet à une entreprise d’interroger l’administration fiscale sur la valeur d’un bien ou d’une opération avant la réalisation de certaines opérations fiscales sensibles.
L’objectif est simple :
- sécuriser la valorisation retenue ;
- éviter une remise en cause ultérieure par l’administration ;
- et limiter les risques de redressement.
Le dispositif est particulièrement utilisé dans des situations telles que :
- les transmissions d’entreprise ;
- les restructurations ;
- les apports ;
- les donations ;
- ou certaines opérations patrimoniales complexes.
Le fonctionnement actuel : un silence qui ne vaut rien Jusqu’à présent, le régime du rescrit valeur demeurait relativement protecteur pour l’administration fiscale.
En pratique :
- l’entreprise adressait sa demande ;
- l’administration disposait d’un délai pour répondre fixé à 6 mois ;
- mais l’absence de réponse ne valait pas validation de la valeur proposée.
Autrement dit, le silence de l’administration ne sécurisait pas réellement l’entreprise.
Cette situation était souvent critiquée par les praticiens, notamment pour les PME, qui pouvaient :
- attendre plusieurs mois sans visibilité ;
- hésiter à finaliser leurs opérations ;
- ou renoncer à solliciter un rescrit faute de sécurité suffisante.
Ce qui change avec la loi de simplification
Désormais, pour les entreprises relevant de la catégorie des microentreprises ou PME, l’absence de réponse de l’administration dans le délai légal vaudra accord sur la valeur estimée.
Le mécanisme devient donc un véritable accord tacite, puisque « le silence vaut accord ».
La mesure est d’application immédiate.
Une réforme importante pour les petites entreprises
Cette évolution constitue un changement majeur dans la philosophie du rescrit valeur.
Dorénavant, les PME bénéficieront d’une véritable sécurisation juridique passive :
- l’administration devra répondre si elle conteste la valorisation ;
- à défaut, la valeur proposée sera réputée acceptée.
Cette réforme s’inscrit pleinement dans la logique de la loi de simplification de la vie économique :
- réduction des incertitudes administratives ;
- accélération des décisions ;
- amélioration de la sécurité juridique des entreprises ;
- et fluidification des relations avec l’administration fiscale.
Elle traduit également une montée en puissance du principe selon lequel le silence de l’administration peut devenir créateur de droits pour les entreprises.
Rescrit valeur : quand le silence vaut désormais acceptation – © Copyright WebLex

2 Juin 2026 | Actualités, Infos Fiscales
Lorsqu’une personne fait obstacle au déroulement d’un contrôle fiscal, l’administration peut recourir à la procédure d’évaluation d’office et le priver de certaines garanties procédurales habituellement applicables. Encore faut-il caractériser une véritable opposition au contrôle… Illustration dans une affaire récente…
S’opposer à un contrôle fiscal : quand et pour quelles conséquences ?
Un consultant en campagne publicitaire fait l’objet d’un contrôle fiscal à l’issue duquel il se voit réclamer un supplément d’impôt, ainsi que des rappels de TVA, selon la procédure de taxation d’office.
Des rappels d’impôt et de taxe qu’il refuse de payer… Selon lui, de nombreuses irrégularités ont affecté son contrôle fiscal : durée excessive du contrôle, confusion sur les dates et lieux des rendez-vous, absence de vérification sur place, etc. Autant d’arguments avancés pour obtenir la décharge de plus de 200 000 € d’impôts et de TVA réclamés par l’administration…
Mais encore fallait-il que le contrôle puisse réellement avoir lieu, conteste l’administration fiscale : qu’il s’agisse des avis de vérification, des relances, des convocations, des mises en garde, etc, tous les courriers ont été adressés à l’unique adresse communiquée par le consultant, mais aucun pli recommandé n’a été récupéré et les rendez-vous fixés par le vérificateur sont restés lettre morte.
Le consultant tente bien de se défendre en pointant certaines maladresses de l’administration, notamment une date de rendez-vous erronée mentionnant un « lundi 9 décembre 2015 », alors que le 9 décembre tombait un mercredi.
Des maladresses insuffisantes pour convaincre le juge. Malgré cette confusion ponctuelle, l’administration a accompli de nombreuses diligences sans entretenir d’ambiguïté réelle. En restant inactif et en ne retirant pas ses courriers, le consultant a lui-même empêché le contrôle fiscal de se dérouler normalement.
Par conséquent, son comportement caractérise une opposition à contrôle fiscal. Et dans cette situation, l’administration peut procéder à une taxation d’office, tout en privant le consultant des garanties habituellement attachées à la procédure de contrôle, notamment la limitation de la durée du contrôle à 3 mois.
En matière de contrôle fiscal, ne pas répondre à l’administration fiscale ou laisser ses courriers recommandés au bureau de poste peut être interprété comme une opposition au contrôle, avec des conséquences particulièrement lourdes.
Opposition à contrôle fiscal : dites adieu à vos garanties procédurales – © Copyright WebLex

1 Juin 2026 | Actualités, Infos Fiscales
En raison des risques de fraude et d’usurpation d’identité que suscite le recours à des plateformes et prestataires privés dans le cadre de la facturation électronique, le Gouvernement est interrogé quant à un éventuel report de l’entrée en vigueur de cette réforme. Sa réponse est sans appel…
Facturation électronique : un risque accru de fraudes dénoncé
Pour mémoire, la réforme de la facturation électronique imposera à toutes les entreprises (TPE, PME, indépendants, professions libérales, etc.) de transmettre et recevoir leurs factures via des plateformes agréées (PA).
Une situation qui alerte une députée sur plusieurs points :
- l’abandon du portail public de facturation (PPF) initialement envisagé ;
- le recours massif à des prestataires privés ;
- l’absence supposée de dispositifs d’authentification forte de type FranceConnect+ ;
- le risque d’usurpation facilité par l’open data des informations d’entreprises et la circulation de données personnelles compromises.
Selon elle, les procédures d’inscription proposées par certaines plateformes seraient insuffisamment sécurisées et pourraient exposer plusieurs millions d’entrepreneurs à des fraudes importantes.
Elle interroge ainsi le Gouvernement sur un potentiel report de l’entrée en vigueur de cette obligation de facturation électronique, le temps de garantir un niveau de sécurité suffisant dans l’authentification des usagers, et lui demande s’il envisage de créer une plateforme publique nationale de facturation électronique, à l’image d’autres dispositifs comme ANTS, permettant une authentification via FranceConnect+ ou France Identité. Et la réponse est sans appel : aucun report de l’entrée en vigueur du dispositif n’est envisagé.
Le Gouvernement rappelle que le modèle initial reposait sur :
- un portail public de facturation gratuit (PPF) ;
- et des plateformes privées agréées.
Mais, le 15 octobre 2024, l’État a finalement décidé de renoncer à la construction du PPF, tout en maintenant le principe de la réforme.
Les entreprises devront donc obligatoirement passer par des plateformes immatriculées auprès de l’administration fiscale.
Le Gouvernement insiste sur le fait que les plateformes agréées sont soumises à un cahier des charges strict.
Ainsi, les PA doivent notamment :
- héberger leurs données dans l’Union européenne ;
- utiliser, en cas de recours au cloud, une infrastructure qualifiée SecNumCloud ou équivalente ;
- disposer d’une certification ISO/IEC 27001 ;
- se soumettre à des audits annuels réalisés par des cabinets professionnels.
Le Gouvernement précise également qu’en cas de non-conformité, une plateforme peut perdre son immatriculation.
Autre point important : le Gouvernement justifie l’abandon du portail public unique par des considérations de cybersécurité.
Selon lui, un portail centralisé aurait constitué une cible privilégiée pour des cyberattaques d’ampleur, avec un risque systémique majeur en cas de faille ou de panne.
À l’inverse, le modèle retenu permettra :
- d’éviter la concentration de l’ensemble des flux sur une seule infrastructure ;
- de limiter les effets de propagation en cas d’incident ;
- de renforcer la résilience globale du système.
Réforme de la facturation électronique : un report possible ? – © Copyright WebLex

28 Mai 2026 | Actualités, Infos Fiscales
La loi de simplification de la vie économique modifie les obligations déclaratives qui pèsent sur les entreprises mécènes. La déclaration spécifique de mécénat est supprimée au profit d’un transfert d’une partie des informations dans le rapport de gestion. Une réforme présentée comme une mesure de simplification administrative…
Mécénat d’entreprise : une obligation déclarative bientôt transférée
À l’heure actuelle, les entreprises qui effectuent des dons ouvrant droit à la réduction d’impôt mécénat doivent, dans certains cas, souscrire une déclaration spécifique.
Cette obligation déclarative concerne les entreprises réalisant plus de 10 000 € de dons et versements au cours de leur exercice comptable.
La déclaration doit notamment mentionner :
- le montant des dons versés ;
- l’identité des organismes bénéficiaires ;
- ainsi que la valeur des éventuelles contreparties reçues.
L’objectif poursuivi par l’administration fiscale est double : permettre le contrôle du bénéfice de la réduction d’impôt et renforcer la transparence des dispositifs de mécénat.
Mais, en pratique, cette formalité était souvent perçue comme une obligation déclarative supplémentaire venant s’ajouter :
- aux obligations comptables ;
- aux justificatifs fiscaux ;
- et aux informations déjà présentes dans certains documents sociaux.
Ce que change la loi de simplification
La loi de simplification supprime purement et simplement cette déclaration spécifique. En contrepartie, les informations relatives au mécénat devront figurer directement dans le rapport de gestion. Le rapport devra ainsi présenter :
- les principales mesures mises en œuvre par la société en matière de mécénat ;
- les dons et versements ouvrant droit à la réduction d’impôt ;
- l’identité des bénéficiaires ;
- les actions soutenues ;
- les effets attendus ;
- ainsi que, le cas échéant, la valeur des biens et services reçus en contrepartie.
Cette mesure entrera en vigueur le 1er janvier 2027.
Une véritable simplification ?
Sur le papier, la réforme vise à alléger les démarches administratives des entreprises en supprimant une formalité fiscale autonome.
Mais, en pratique, il ne s’agit pas d’une disparition de l’obligation d’information.
Les données auparavant transmises via une annexe fiscale devront désormais être intégrées dans la documentation juridique et comptable de l’entreprise.
Cette réforme pourrait avoir plusieurs conséquences concrètes pour les sociétés concernées.
Les informations relatives au mécénat devront désormais être intégrées au rapport de gestion, ce qui impliquera souvent une coordination plus étroite entre les différentes directions au sein d’une entreprise (financière, juridique, communication, etc.).
Le mécénat quitte ainsi progressivement le seul champ fiscal pour rejoindre les enjeux de gouvernance et de reporting extra-financier.
La réforme renforce également la visibilité des politiques de mécénat puisque les entreprises devront désormais documenter :
- les actions soutenues ;
- leurs objectifs ;
- et les effets attendus.
La suppression de la déclaration dédiée ne réduit toutefois pas les possibilités de contrôle de l’administration fiscale.
Au contraire, l’intégration des informations dans le rapport de gestion pourrait faciliter certains recoupements entre la comptabilité, les documents sociaux et les déclarations fiscales.
Les entreprises devront donc continuer à conserver l’ensemble des justificatifs relatifs :
- aux dons réalisés ;
- à l’éligibilité des organismes bénéficiaires ;
- et aux éventuelles contreparties obtenues.
Mécénat d’entreprise : bientôt la fin de la déclaration spécifique ? – © Copyright WebLex

26 Mai 2026 | Actualités, Infos Fiscales
Les installations électro-intensives bénéficient, sous conditions, du taux réduit de taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité. Le juge vient de clarifier la notion de « site industriel » et rappelle que l’appréciation du caractère industriel doit se faire au niveau de l’établissement exploitant les installations, et non des bâtiments alimentés par le réseau de chaleur…
Taux réduit de TICFE : c’est quoi un site industriel ?
Une société qui exploite des chaufferies au gaz, des groupes frigorifiques, ainsi que des équipements de production et de distribution de chaleur et de froid au sein d’une centrale thermique, est enregistrée sous le code NAF 3530Z correspondant aux activités de production et distribution de vapeur et d’air conditionné, relevant de la section D des nomenclatures d’activités.
Parce qu’elle estime remplir les conditions requises, la société sollicite auprès de l’administration des douanes le remboursement d’un trop-perçu de taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité G(TICFE) au titre d’une année.
Selon elle, elle a payé la taxe au taux plein alors qu’elle pouvait bénéficier du tarif réduit réservé aux installations industrielles électro-intensives.
Un remboursement que va lui refuser l’administration.
Pour rappel, un tarif réduit de TICFE s’applique pour les personnes exploitant :
- des installations industrielles ;
- situées au sein de sites industriels électro-intensifs ou d’entreprises industrielles électro-intensives.
Un site présente un caractère industriel lorsqu’il exerce principalement des activités relevant des sections B, C, D ou E de la nomenclature NAF.
Précisons ici qu’un « site » correspond :
- à l’établissement identifié par son numéro au répertoire national des entreprises et établissements (REE) ;
- ou, à défaut, au lieu de consommation de l’électricité.
C’est cette définition qui va opposer l’administration fiscale à la société dans cette affaire.
Selon l’administration, la consommation finale d’électricité doit être appréciée au niveau des bâtiments alimentés par le réseau de chaleur. Or, ces bâtiments sont principalement des locaux tertiaires publics ou privés qui ne constituent donc pas des sites industriels.
Un raisonnement que ne partage pas le juge qui rappelle que lorsque l’établissement dispose d’un numéro d’identité au REE le site à prendre en compte correspond à cet établissement identifié.
Le périmètre pertinent est donc celui de l’établissement exploité par le consommateur final d’électricité réclamant le bénéfice du taux réduit.
Par ailleurs, le périmètre d’appréciation du caractère industriel n’inclut pas les locaux et équipements des clients alimentés par le réseau de chaleur ou de froid.
Autrement dit, la consommation électrique pertinente est celle de l’exploitant des installations et non celle des immeubles chauffés ou climatisés grâce au réseau.
Le juge ajoute que dans le cadre d’un réseau de production et de distribution de chaleur et de froid, la consommation finale d’électricité est effectuée par la personne exploitant ces installations.
Ainsi, ce n’est pas le client final qui est considéré comme consommateur au sens du dispositif fiscal, mais bien l’opérateur du réseau.
Taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité : un taux réduit sous conditions – © Copyright WebLex

25 Mai 2026 | Actualités, Infos Fiscales
Une société spécialisée dans la fabrication de carton ondulé applique le taux réduit de TICGN réservé à certaines installations grandes consommatrices d’énergie. Mais l’administration des douanes remet en cause son éligibilité au dispositif, malgré une attestation visée par ses services. Ce visa administratif pouvait-il valoir validation formelle de l’application du tarif réduit ?
Un taux réduit de TICGN soumis à conditions
Une société qui exerce une activité de fabrication de carton ondulé et d’emballages en carton transmet à l’administration des douanes une copie de l’attestation qui lui permet de bénéficier de l’application du taux réduit de taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel (TICGN) prévu pour certaines installations grandes consommatrices d’énergie.
À l’occasion d’un contrôle, l’administration constate toutefois que la société ne remplit pas les conditions pour bénéficier de ce taux réduit : la fabrication de carton ondulé n’est pas, selon elle, une activité éligible au taux réduit. Partant de là, elle notifie à la société un procès-verbal d’infraction constatant, au titre de l’année en cause, une irrégularité ayant pour but ou pour résultat d’éluder ou de compromettre le recouvrement d’une taxe.
Elle rappelle, en effet, que le tarif réduit de TICGN est réservé aux entreprises :
- exploitant des installations grandes consommatrices d’énergie ;
- exerçant une activité mentionnée dans une directive européenne relative au système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre.
Cette directive vise notamment :
- la fabrication de pâte à papier ;
- la fabrication de papier et carton.
Selon l’administration, l’activité exercée par la société qui consiste en la fabrication de carton ondulé n’entre pas dans l’une de ces catégories.
« À tort ! », estime la société, qui soutient que le processus industriel mis en œuvre constitue une véritable fabrication, impliquant :
- l’utilisation d’une machine onduleuse ;
- la création d’un matériau nouveau ;
- plusieurs étapes techniques complexes.
Un raisonnement que ne partage pas le juge qui se fonde notamment sur la nomenclature européenne NACE et la nomenclature française NAF.
Ces classifications distinguent :
- la fabrication de papier et carton ;
- la fabrication de carton ondulé et d’emballages en papier ou carton.
Selon le juge, l’activité exercée par la société consiste essentiellement dans la transformation et l’assemblage de produits préexistants (bobines de papier, colle, encres).
Elle ne relève donc pas de l’activité autonome de fabrication de papier ou carton visée par la directive européenne.
Sauf que, selon la société, l’administration a implicitement validé son éligibilité au taux réduit en :
- réceptionnant l’attestation ;
- apposant un tampon douanier ;
- et signant le document.
En validant ainsi l’application du tarif réduit par une prise de position formelle, à l’instar du rescrit fiscal, la société estime pouvoir bénéficier de ce tarif particulier.
Le juge écarte fermement cette argumentation.
Il rappelle qu’un rescrit suppose :
- une demande adressée à l’administration ;
- et surtout une prise de position formelle sur une situation de fait.
Or, l’envoi de l’attestation n’est qu’une obligation réglementaire et le tampon et la signature ont uniquement valeur d’accusé de réception.
Ils ne traduisent donc aucune validation juridique de l’éligibilité au dispositif fiscal.
Cette solution qui s’inscrit dans une jurisprudence constante permet de rappeler que :
- seule une position explicite et non équivoque de l’administration est opposable ;
- un simple comportement administratif ou une absence de contestation ne suffit pas.
Taux réduit de taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel : attesté c’est validé ? – © Copyright WebLex
